Dim Mak

Saviez-vous qu’un art martial tout ce qu’il y a de plus réel est basé sur la connaissance des points vitaux et leurs effets ? son nom: Dim Mak.

Le Dim Mak, aussi appelé Touché Mortel, est un ancien art martial originaire de Chine qui enseigne la façon de frapper les points vitaux de son adversaire. Ces attaques peuvent avoir plusieurs effets (KO, mort ou autres effets secondaire).

Ce sont les mêmes points vitaux qui sont utilisés pour soigner en l’acupuncture ou par d’autres techniques de soins asiatiques. Le Dim Mak est un art martial à part entière. Cependant, très peu d’instructeurs connaissent un nombre élevé de techniques et les grands maîtres sont réticents à l’idée d’enseigner cet art à des élèves.

La plupart des points vitaux sont situés le long de la ligne centrale, un concept important dans beaucoup de styles kung-fu, comme par ex le Wing Chun Kung Fu. Les points de pression se trouve aussi bien dans les bras, les jambes, le dos et la tête.

Tout comme dans le manga, les effets peuvent varier du simple KO à la perte de mémoire en passant par la paralysie de membres ou même une perte de contrôle totale des ses intestins…


Interview de Christopher, expert en Dim Mak

Entretien réalisé en mai 2008 par Iceman57 (Merci Benoit, tu es une profonde source de patience)

Introduction

C’est toujours intéressant de savoir où sont les fans de Hokuto No Ken dans le monde et de pouvoir discuter avec eux. Plusieurs membres du forum connaissent déjà Erle Montaigue.

Je suis honoré d’avoir la chance de parler à d’autres fans du Hokuto à propos de ce qui m’est arrivé suite à un projet long de 10 ans. Récemment, j’ai déménagé à Reno, au Nevada, et je suis fan de Hokuto no Ken depuis l’été 99. J’ai débuté les arts martiaux à l’âge de sept ans mais n’ai vraiment commencé à m’y consacrer qu’à l’âge de seize ans. À ce moment-là, j’ai été accepté à l’école de Taekwondo Chung Do Kwan (Blue Wave School – L’école de l’onde bleue). Un an après, lors d’une ennuyeuse soirée d’été, je zappait la télé et je suis tombé sur le canal Showtime Beyond, qui diffusait alors la meilleure série animée d’arts martiaux jamais créée. Fist of the North Star, comme on l’appelait chez nous, n’avait qu’une audience limitée aux États-Unis, en dépit qu’il s’agissait d’une série purement géniale.

Le Hokuto eut un effet marquant sur moi, non seulement il s’agissait d’une représentation parfaite de ce qu’est l’objectif d’un artiste martial (défendre ceux qui ne peuvent se défendre et vivre honorablement), il s’agissait d’un art martial de pure tactique et de pur génie. Dans la série, le Nanto se divise parmi des centaines d’écoles de différents yang/puissantes attaques physiques; comme 90% des arts martiaux enseignés aujourd’hui dans le monde. Pourtant, le Hokuto est unique, il s’agit d’une discipline qui ne s’intéresse pas aux compétitions, mais cherche à rétablir l’ordre et faire régner la justice. Il affronte son adversaire par une tactique infligeant des coups physiques qui se traduisent par des dommages internes (qui deviennent alors externes).

Donc, comme beaucoup d’entre nous, je me suis mis à chercher un système d’arts martiaux qui pourrait être mon Hokuto dans le monde réel. Malheureusement, il n’existe aucun système unique; si c’était le cas alors je déciderais de chercher les traces de similarité avec la vie réelle. Le résultat fut un projet sans finalité précise, et c’est donc 10 ans plus tard que je peux avoir l’honneur de partager avec vous ce que j’ai appris. Mon premier objectif lorsque j’ai recommencé les arts martiaux à l’âge de 16 ans, était d’apprendre à vivre avec honneur et d’aider ceux que je croisais sur mon chemin au lieu de fermer les yeux comme la plupart des gens. Kun Tao, mon professeur, avait une autre façon de le définir, “vivre dans ce monde tel qu’il devrait être, pas tel qu’il est réellement.” Donc pour moi, Kenshirō s’était consacré à cet idéal.

Cursus de Chris :
  • 10 ans ceinture noire 2ème dan / instructeur de Tae Kwon Do Chung Do Kwan
  • 8 ans élève de Erle Montaigue en Taiji System et Baguazhang
  • 8 ans élève de Kun Tao (descendant du système de Willem Reeder)
  • 5 ans élève de Vladimir Vasiliev et du Russian Systema
Hokuto no Ken et les techniques réelles d’arts martiaux

Votre opinion d’expert, ou peut-être celle de Sir Montaigue, pourrait être intéressant dans un croisement entre l’univers du Hokuto et les véritables arts martiaux.

Je pense que cette question avait en quelque sorte été répondu dans la très exhaustive présentation 🙂 Comme je l’ai dis précédemment, il n’y a pas vraiment de système unique semblable au Hokuto Shinken. Le système le plus proche que je suis parvenu à trouver fut le Taiji de Erle Montaigue, les attaques des points vitaux qui constituent la majeure partie du Hokuto sont à peu près comme les attaques du Dim-Mak.

Croyez-vous que certaines techniques figurant dans l’anime puissent avoir quelques similarités avec de vraies techniques dont Tetsuo Hara auraient pu se baser pour son manga ?

Je ne sais pas d’où est venue l’inspiration de Hara et Buronson ni d’où ils ont tirés leur vision du Hokuto. Toutefois ayant vu la série et ayant lu le manga, on y retrouve une énorme quantité de véritables techniques d’arts martiaux (en comparaison à une série comme Dragon Ball Z – de ridicules techniques d’énergie et d’attaques de chi- ou bien Naruto – cette série semble se concentrer sur ses personnages en utilisant des aspects mystiques de Kuji Kiri sous forme de jutsus). Hokuto No Ken possède tout de même sa part de fantaisie, bien que les styles vus dans la série renferment au fond de vraies techniques. Bien entendu, la rupture avec la réalité provient de la réaction des points vitaux (c’est-à-dire l’explosion de la tête et des viscères) et les jets d’aura.

Regardons deux ou trois exemples à partir desquels nous pouvons faire le tracé des attaques du Hokuto par rapport à leurs homologues dans la réalité :

002-360Contre un certain nombre de voyous plus faibles et arrogants (exemples : Spade et l’un des gardes de Shin) dans la série, Kenshirō semble préférer utiliser les points vitaux situés dans la zone des tempes en utilisant ses pouces pour attaquer. Ces points sont des “ Tōi”, utilisés contre Spade qui abouti à la mort après trois secondes, alors qu’un “ Zusetsu” utilisé contre le garde de la forteresse de Shin a eu pour résultat l’amnésie à court terme. Selon mes études (et ce n’est absolument pas la seule similitude), les points homologues semblent provenir du système Dim-Mak du Taiji.

Le coup de Spade touche la vésicule biliaire : Shangquan (GB3) – le coup est livré directement avec un coup des jointures ou de la paume- frappée avec une force moyenne ce point interrompra l’équilibre entre le cerveau et le flux bioélectrique de l’organisme. Cependant si frappé durement vous romprez l’artère méningée causant un saignement dans le cerveau, la mort surviendra habituellement au bout de trois jours et non pas trois secondes.

003-236L’attaque du garde touche probablement le Tonqziliao (GB1) – ce coup est livrée avec les jointures du bout des doigts et le coup est porté de l’arrière vers l’avant – avec une force moyenne – il en résulte généralement une perte de mémoire et la nausée.

Nous pourrions supposer bien sûr que de faire exploser un gars juste en appuyant sur certains points pourraient sembler un peu impossible. Mais on pourrait supposer également que, pendant la création de manga, l’artiste aurait pu certainement prendre ses inspirations quelque part.

Ah oui les explosions, dans le Hokuto les corps des méchants semblent n’être rien de plus que des sacs poubelle remplis de sang et de boyaux. Quand mes frères ont regardé cette série pour la première fois, ils ont été très étonnés par le gore. Pourtant, pour nous les fans, sachant que les pires des pires brutes sont sur le point de se faire donner la raclée par Kenshirō, l’explosion qui survient n’est pas seulement satisfaisante mais nécessaire. Comment cela se traduit-il dans la réalité… et bien elle ne se traduit pas tout simplement.

Kenshirō obtient ces résultats en concentrant sa propre énergie interne dans celles de ses adversaires, ce qui alors force et compacte leur énergie dans un point spécifique du corps aboutissant à une sorte de ballon qui explose. En réalité, c’est impossible de forcer sa propre énergie à entrer dans l’autre, vous ne pouvez que frapper pour interrompre le flux d’énergie bioélectrique ou en inverser le sens naturel. Ce n’est arrivé qu’une seule fois, au cours de mes années passées en tant que fan du Hokuto, de tomber par hasard sur un point vital listé comme explosif et effectivement il y avait un rapport avec le crâne. Pourtant, ce point n’a jamais été vérifié par un maître compétent, de plus il n’est pas rare qu’il y ait exagération sur les adjectifs utilisés pour décrire les dommages causés aux points vitaux. Que Hara ou Buronson soit tombé là-dessus pendant l’une de leurs lectures, je n’en sais rien, ça fait toutefois réfléchir.

D’ailleurs, les dégâts extrêmes infligés au corps ont toujours été débattus à l’intérieur des cercles d’arts martiaux. Comme Ku Yu Cheong qui était un maître de la Paume de Fer, il a frappé et tué un cheval à mains nues. Plus tard quand le cheval a été ouvert pour qu’on puisse observer la cause de la mort, ils ont constaté que toutes les viscères internes du cheval avaient été éclatées et écrasées du côté opposé de son corps.

Quel est votre opinion, et une petite liste d’exemples véridiques des techniques existantes ? La principale question est de savoir si Hara a créé ce manga à l’aide de son imagination ou s’il s’est basé sur une analyse de choses réelles ?

Comme je l’ai écrit précédemment, Hokuto no Ken est un des mangas/animes les plus réalistes que j’ai vu en terme de techniques de combat (le seul autre qui me vient à l’esprit est Grappler Baki). Si Hara et Buronson se sont enfermés seuls dans une pièce pour y pondre scénario après scénario alors ce sont des génies d’arts martiaux qui pourraient donner la honte à n’importe qui. Personnellement, d’après ce que j’ai pu lire sur eux ils ont un respect profond pour les arts martiaux et mettent des milliers d’heures de recherches pour construire leurs histoires. Il y avait une annonce publicitaire à la sortie de Sōten no Ken (Fist of the Blue Sky); Hara a dit qu’il voulait que les combats soient plus dans un style traditionnel donc il est allé en Chine pour trouver son inspiration.

Quant aux techniques existantes dont Hara aurait pu s’être inspiré :

047-232Examinons les jets d’aura que Raoh utilise à outrance contre Kenshirō lors de leur premier combat en tant que successeur affrontant son frère. Il y a beaucoup de charlatans qui vendent des solutions miracles dans le monde des arts martiaux aujourd’hui et qui croit vraiment qu’ils peuvent vous apprendre à faire exploser votre aura comme un personnage de DBZ (la plus récente connerie que j’ai vu est le Yellow Bamboo sur Youtube, et le rejeter ensuite contre des gens qui sont à 6 ou 7 pieds d’eux. C’est complètement faux et le résultat est une nouvelle génération de croyances associées à des contes martiaux fictifs. Erle Montaigue a aussi mentionné que si une personne pouvait vraiment concentrer assez de puissance pour vous la jeter, nous aurions affaire à une force équivalente à celle d’un fusil de chasse calibre douze, la personne touchée en mourrait ou serait du moins hospitalisée. Alors quelle vérité y a-t-il derrière cela… quand j’ai commencé mon entraînement de Systema, l’un des objectifs les plus difficiles à atteindre était l’attaque psychique (ce n’est pas ce que vous pensez). Dans les arts martiaux japonais, il y a une attaque que l’on nomme “sakki” qui signifie le meurtre aérien (souvenez-vous qu’il ne faut jamais comprendre littéralement les termes dans les arts martiaux), cette attaque comme l’attaque psychique Systema entraîne la réaction psychologique naturelle du corps humain (le tressaillement/sursaut est la réaction la plus courante). Tous les jours avec les gens qui nous entourent, nous comprenons intuitivement le langage du corps, si bien que les autres peuvent faire la même chose à notre égard. Si c’est le cas alors il s’agit d’un très haut niveau d’entraînement qui requiert l’impression complète du mouvement, causant ainsi une réaction similaire comme si vous vous étiez véritablement étendu et que vous aviez frappé l’adversaire (note : ce type d’attaque est exécuté de très près, si vous êtes loin, l’esprit verra au-delà de l’impression trompeuse -cela fonctionne également mieux lorsque la personne s’imagine, dans son esprit, que vous êtes meilleur que vous ne l’êtes en réalité, c’est-à-dire votre ego). Beaucoup de personnes n’atteignent jamais ces niveaux d’entraînement simplement parce qu’ils voient la technique comme un moyen menant à une fin, en réalité chaque habileté fonctionne conjointement avec l’autre.

Regardons encore un autre exemple, une technique de Toki. Toki est l’un des personnages les plus étonnants de la série et personnellement mon favori. Non seulement Toki maîtrise complètement le Hokuto au-delà même de Raoh mais il a aussi modifié et élargit l’horizon des techniques curatives du Hokuto. C’est Toki qui a donné à Rei la chance d’exprimer son amour pour ses amis et particulièrement Mamiya en combattant Yuda. Cela a pu être fait à partir du Shinreidei, un point qui prolonge la vie du corps, mais provoque une douleur inimaginable. Le point homologue à ce point-ci se retrouve aussi dans le système Taiji, Yongquan (KD1). Quand l’organisme est exposé à un haut niveau de trauma, le système bioélectrique est incapable de reprendre son flux naturel, et des dégâts physiologiques surviennent puisque trop d’énergie a été utilisée. Dans ces cas-ci, la réanimation cardiorespiratoire est utilisée mais la réanimation est incertaine, même si un défibrillateur est utilisé, la réanimation n’est pas garantie. Pour aider l’extraction de l’énergie stockée dans les reins, le point Yong Quan qui se trouve au milieu de la plante du pied est percé avec un couteau ou une aiguille. Plus précisément, ce point est encore utilisé de nos jours conjointement avec la réanimation cardiorespiratoire, de plus, ce point a même été inscrit dans les recueils médicaux en raison de son succès chirurgical lors de la réanimation du patient. Cependant, si le trauma du corps est trop mauvais, les réserves d’énergie des reins s’épuiseront complètement et la réanimation ne sera que temporaire (i.e. Rei), le décès demeurera inévitable.

Les points de pression

À plusieurs reprises dans l’anime et dans le manga, les personnages se réfèrent aux “points vitaux”. De tels points existent-ils vraiment ? Bien sûr, il peut y avoir quelques interrogations et scepticismes, en principe n’importe qui pourrait s’accorder sur l’existence de “points sensibles”, mais pourrions-nous nous entendre sur le concept des “points vitaux” ?

Ah la question des points de pression… la plupart des artistes martiaux débattront de la question pour des années à venir. Voyons voir si nous pouvons arriver à une conclusion du point de vue du Hokuto. Le Hokuto Shinken cause des réactions violentes à l’intérieur du corps qui suffisent à rendre l’adversaire hors combat, parfois l’ennemi est conscient de ce qui va arriver et l’affronte quand même, cependant beaucoup ne réalisent pas ce qui arrive avant que leur tête commence à cracher de la matière cervicale. Bien évidemment, Kenshirō utilise bien plus que les points de pression. Un point de pression est simplement un point sur le corps qui répond lorsqu’une force est suscité contre lui, comme d’être chatouillé sous les bras, avoir l’oreille pincée ou lorsque quelqu’un vous tord le téton. Le problème avec l’immense variété de points de pression existants est que l’adrénaline et les endorphines (qui sont sécrétées en grandes quantités lors d’un combat ou en altitude) peuvent les bloquer, ce qui signifie aussi que si votre adversaire est sous l’effet de narcotiques ou d’alcool, il n’y a aucune garantie que le point sera effectif. D’ailleurs la plupart des points de pression martiaux réagissent sans générer de douleur, ce qui pourraient risquer de causer votre mort contre des types plus balaises qui pourrait s’en moquer ou se frustrer d’avantage. Alors ce que nous voulons est un système de points efficaces dans toutes les situations, même lorsque la force, la drogue ou l’alcool est un facteur. Il n’y eu que quelques rares individus qui ont été en mesure de résister aux attaques de Kenshirō comme ce fut le cas de Souther qui possédait une anomalie génétique (un système méridien d’énergie inversé), alors que même une fois le secret découvert, Kenshirō a su changer ses attaques et les points remplirent merveilleusement leurs fonctions. C’est là que le Dim-Mak entre en jeu à nouveau; les points lorsqu’ils sont frappés provoquent une réaction involontaire du corps.

Dans Hokuto no Ken, ces points sont appelées points d’énergie ou points vitaux (keiraku hikō) ce qui signifie que lorsqu’ils sont frappés dans un certain ordre (ne jamais compter seulement sur la pression d’un ou deux points dans un combat peu importe à quel point ils peuvent être dangereux) un ennemi ne peut résister. Comme dans le Hokuto Shinken, les points du Dim-Mak agissent de la même façon, le secret vient des points de pression qui sont complètement différents, les points du Dim-Mak sont liés les uns aux autres causant des dommages de plus en plus élevés lorsque plus de points sont frappés. La principale raison pour laquelle le Dim-Mak est si peu respecté de nos jours dans les communautés d’arts martiaux, c’est que les étudiants essayent d’apprendre via des diagrammes d’acupuncture (les diagrammes d’acupuncture n’aident pas vraiment contrairement à ce que plusieurs croient, les points du Dim-Mak sont apparentés à un autre méridien qui coule au-dessous du méridien d’acupuncture – le flux suit également une direction opposée). Ces gens s’exercent alors à des démonstrations dans des dojos et s’en sortent très bien mais dès qu’ils sont assaillis à l’extérieur du dojo, ils se font botter les fesses. Le meilleur exemple que j’ai vu de l’ancien Dim-Mak versus le Dim-Mak d’aujourd’hui, est le combat entre Seiji et Kenshirō, Hokumon versus Hokuto. Lors de ce combat, il semble que Ken et Seiji soient de même niveau, à la fin du combat Kenshirō explique pourquoi Seiji n’était même pas près de la victoire. Seiji utilisait une technique incroyable pour frapper consciemment les points vitaux, tandis que Kenshirō frappait instinctivement chaque point vital qui se présentait. Seiji peut avoir été très bon pour intimider et pour combattre les gens qui ont peu ou pas de connaissances en points vitaux mais les attaques de Kenshirō sont des réflexions neuromusculaires alors comme l’adversaire attaque il se donne sa propre mort. Le Hokumon était un poing dérivé qui avait perdu les formes d’entraînement initiales du Hokuto, les moines Hokumon connaissaient les points vitaux mais ils ne savaient pas enseigner le combat réflectif contre eux. Voilà donc le problème aujourd’hui, nous n’étudions pas les formations ou la jonction des points vitaux pour des dégâts exponentiels sur l’organisme.

Pour continuer, existe-t-il une façon de se protéger contre des attaques de “points mortels” ? Par exemple, une armoire à glace avec des muscles épais qui cachent/protègent les points, pour faire un parallèle avec Raoh ? Autre exemple, un sumotori qui serait protégé par sa graisse, pour faire un parallèle avec Heart ?

Donc nous nous demandons, si ces points sont si dangereux et efficaces, comment pouvons-nous nous en protéger ? Une scène humoristique me vient à l’esprit dans Hokuto no Ken lorsqu’un des subalternes de Jagi essaient d’utiliser une attaque qu’il avait appris de Jagi contre Kenshirō (le point était “ Tōi”, le coup aux tempes), ironiquement le point n’eut aucun effet sur Ken, au lieu de cela l’attaque s’est retourné contre le subalterne).

Cela signifie que les frères du Hokuto se protègent eux-mêmes contre leurs propres techniques lorsqu’elles sont retournées contre eux. Dans le Dim-Mak, nous pratiquons ce que nous appelons la “Tunique de Fer Qigong”, cela crée une résistance électrique contre les attaques sur les points. Les points ne sont pas indestructibles mais il faudrait un maître avec une tactique d’attaque très puissante pour endommager le point au lieu d’un simple coup.

Quant aux exemples que tu mentionnes, oui tant les muscles que la graisse rendent beaucoup plus difficile l’attaque de certains points. Il y a deux choses dont on doit se souvenir, d’abord quelques parties du corps ne peuvent se remplir de graisse (comme les aisselles, le contour des yeux, les parties supérieurs de l’arrière du crâne et derrière les genoux), donc vous devez toujours rechercher les endroits qui offrent le moins de résistance. Aussi les attaques du Dim-Mak sont basées sur la bio électricité, pensez à un pistolet électrique avec un fil très bien isolé… l’appareil ne sera pas totalement efficace. Le vrai problème avec des types gros ou musclés n’est pas de savoir si ces points fonctionneront ou pas, mais d’avoir la chance de les frapper avant de vous faire donner une raclée.

Enseignement et successeurs

Est-ce qu’il y a une limite du nombre de disciples pouvant apprendre les techniques de “points mortels” ? Dans l’anime, il y a 4 élèves et un seul qui peut être l’héritier. Dans Hokuto No Ken, les autres voient leur mémoire effacée et ils perdent leurs connaissances des techniques…

Dans les arts-martiaux, il y a toujours eu des légendes de maîtres apprenant aux élèves dans l’obscurité de la lune. Généralement, les véritables secrets ou techniques “Ōgi” étaient partagés uniquement dans la famille ou les étudiants qui avaient été avec le maître assez longtemps pour être considérés appartenant à la famille. En ce qui concerne le Hokuto, le système était si puissant que personne ne pouvait y résister c’est pourquoi le successeur devait être choisi convenablement. Cependant, aujourd’hui dans notre société moderne, il est plus facile d’acheter une arme à feu pour tirer sur son ennemi que de dépenser des dizaines d’années à apprendre le Dim-Mak, l’intérêt de garder le secret est donc moins essentiel. Selon ma propre expérience dans le Chung Do Kwan, il n’y avait que deux successeurs durant le temps que j’étais avec mon maître, moi-même ainsi que mon bon ami Jesse qui a rejoint la Garde nationale et s’est rendu en Irak. L’une des techniques ōgi de niveau avancé que notre maître nous avait apprise fut le “concept de l’onde”. Pour faire très simple… il s’agit de frapper comme un fouet avec nos pieds et nos poings pour que la force soit livrée à l’intérieur du corps au lieu de coups directs qui pénètrent à peine la surface. En ce qui concerne les élèves renégats, j’ai vu un jour mon maître enlever la ceinture noire d’un autre élève et refuser de poursuivre son apprentissage. Ce dernier avait une personnalité semblable à Jagi et avant un cours une nuit il avait invité sa petite amie à venir au tatami pour le regarder. L’élève (qui était à la fois enseignant et ceinture noire) faisait la démonstration de mouvements contre d’autres ceintures de couleurs, lorsque sans prévenir sa petite amie a sauté sur lui pour s’amuser. Il a eu une réaction excessive en la tirant au-dessus de sa tête, lui percutant la tête au sol et lui brisant la nuque, elle a due être évacué par les médecins auxiliaires… sur une civière avec un collier cervical et en hurlant de douleur.

Un autre bon exemple d’un maître qui doit arrêter un élève est le film The Hunted (Traqué). L’histoire est basée sur l’élève de l’un des grands maîtres traqueurs et combattants au couteau des États-Unis. L’élève rejoignit l’armée et souffrit de stress post-traumatique, à son retour il commença à assassiner des chasseurs dans les bois. Son maître l’a poursuivit et l’a arrêté. Le film modifia les personnages en faisant du maître un Marshall américain (interprété par Tommy Lee Jones).

Aurait-il pu exister des élèves ou des maîtres qui se seraient convertis dans des organisations obscures et qui auraient utilisé ou enseigné une telle technique mortelle pour le combat de rue. Avez-vous déjà jamais entendu parler d’une situation semblable, une pratique illégale du genre de Raoh le conquérant ou Shin le maître du Nanto…

Dans les arts martiaux, il y a toujours des pommes pourries qui font de mauvais usages de ce que vous enseignez. Ce qui est le pire c’est lorsque l’élève est conscient de ce qu’il fait mais le fait quand même. L’ironie avec le disciple renégat c’est que le disciple commence d’abord en étant soumis au maître mais au bout de quelques années le disciple se met à croire qu’il en connaît plus que le maître. Cette arrogance fait souvent déjà partie de la personnalité des gens, donc lorsque le disciple gagne en puissance, son besoin de rébellion devient plus fort. Afin d’éviter cela, il y a longtemps les maîtres faisaient attendre patiemment les disciples sur les marches de la porte, avant de les accepter plusieurs semaines plus tard pour les inviter humblement à faire le ménage et la cuisine pour eux. Ce procédé éloignait les indésirables, les égoïstes, les arrogants et les fous qui n’avaient pas la patience de tenir ferme. Aujourd’hui, puisque les arts martiaux ne sont pas pris au sérieux; étant vu plutôt comme une discipline sportive, un exercice ou un passe-temps, nous avons perdu le sens d’honneur des disciplines de combat. Parmi les nombreux instructeurs que j’ai connu au cours de mes recherches, il était effroyable d’apprendre que beaucoup avaient renié leurs maîtres pour ainsi dire, estimant qu’ils les empêchaient de progresser et qu’ils cachaient leurs secrets. Ces disciples instructeurs perdus croient qu’ils savent ce qui est le mieux et que la fin justifie les moyens. Raoh était un bon exemple de cela… il croyait pouvoir devenir plus grand que le Hokuto Shinken. Oui Raoh s’était promis d’apporter la paix dans son pays natal, mais chemin faisant la fin justifiait les moyens, il s’en ai pris aux innocents et a détruit des vies pour la connaissance des arts martiaux. Shin avait aussi une personnalité particulière qui fut révélée à cause des railleries de Jagi et son adoration pour Yuria, faisant de lui un tyran.

Parfois il est difficile de voir un étudiant désireux avec un potentiel incroyable se retourner vers les ténèbres. Il existe un autre instructeur qui se nomme Dr. Yang Jwang Ming et qui est un maître du Kung-fu de la Grue Blanche. Il refuse désormais d’enseigner “la Paume de Fer” depuis que plusieurs de ses élèves ont causés des blessures graves à un groupe de voyous.

Autres arts “spéciaux”

Les “points mortels” sont connus et respectés puisqu’ils proviennent à la base de l’acupuncture. Mais que pensez-vous des trucs “étranges” (désolé, je ne sais pas comment définir ces arts spéciaux) comme le cri kiai qui pourrait paralyser ?

Pour commencer… le terme Dim-Mak (attaques de points mortels) était le nom original du Taiji, qui est devenu Hao’Chuan (la boxe relâchée) et finalement Taiji Chu’an (l’Ultime Poing Suprême). Ses origines provenaient de l’acupuncture, son créateur Chang Sang Feng (né en 1270) était un acupuncteur renommé et un étudiant de Shaolin du Nord. Chang voulait une discipline de combat qui permettrait assurément de protéger sa famille, puis fut utilisé par sa femme et ses enfants. Ainsi, Chang avait pour théorie que si les points d’acupuncture pouvaient être massés ou piqués avec des aiguilles dans un certain sens pour agir en tant que moyen de guérison alors l’opposé pouvait aussi bien être possible. Il a commencé par des expérimentations sur des animaux puis il est allé chez des geôliers locaux pour demander la permission de poursuivre ses expérimentations sur des prisonniers condamnés à mort (ça fait penser beaucoup à Amiba lorsqu’il se prenait pour Toki et expérimentait des points vitaux). Après, l’étude des points, la direction des coups, la combinaison des points et de meilleures armes du corps furent cataloguées dans la mémoire de Chang qui inventa des méthodes efficaces pour enseigner les mouvements à sa famille et ses élèves. Les formes étaient étranges dans la manière qu’ils étaient exécutés, des mouvements lents et rapides couplés avec de longs mouvements exagérés qui ne ressemblaient en rien aux autres formes de Kung-Fu chinois.

Il existe plusieurs autres arts martiaux spéciaux/étranges. J’ai entendu parler du kiai, et il y eut des maîtres capables de briser de manière étonnante les matières les plus incroyables. Des exemples : les maîtres du “Corps de Fer” qui peuvent se prendre des lames contre leur corps et même un instructeur qui pouvait transformer son visage pour prendre l’apparence d’un chat sauvage. De plus, il y a ceux qui peuvent étouffer une flamme avec leur énergie ou la restaurer. Le problème est que beaucoup de ces prétendus maîtres ne sont en fait que des magiciens amateurs qui croient en leur propre supercherie. Les autres qui possèdent vraiment ces habiletés ne sont souvent pas meilleurs que pouvaient l’être les maîtres d’autrefois. Ces petits trucs peuvent sembler cool dans un dojo ou pour obtenir un rencard dans une soirée, mais lorsqu’il vient le temps de combattre c’est autre chose. Chacune de ces habiletés martiales est prévue pour agir en relation l’une en accord avec l’autre, comme un grand casse-tête mis ensemble, une seule pièce ne permet pas de voir la grande image mais c’est seulement lorsque vous recollez suffisamment de pièces que vous commencez à comprendre. Le kiai n’a rien de mystique, ce n’est qu’un jeu de réactions psychologiques et physiologiques exercé contre l’adversaire, troublant sa communication neuromusculaire et faisant fuir le liquide de son oreille interne. Le “Corps de fer” permet de survivre contre un adversaire qui porte un coup chanceux ou lorsque vous faites face à un adversaire plus grand et plus fort.

Le corps humain est une formidable invention qui est capable de prouesses allant au-delà même de ce que nous nous pouvons imaginer, cependant un niveau d’entraînement et de discipline largement au-dessus de la norme est requise. Le combat n’est pourtant pas chose simple et il faut savoir faire travailler ensemble chaque habiletés du corps pour s’en sortir toujours au meilleur.

À toi, le maître

Juste pour s’amuser… Quel personnage d’Hokuto no Ken est le plus près de ton style de combat et de ta physionomie?

Vous avez gardé la question la plus amusante pour la fin… c’est génial. Bon je pense que s’il y a un personnage que je pourrais vouloir tenter de me rapprocher, c’est Toki. Mon style de combat s’est développé plus de la manière de Toki, je suis un combattant de style défensif-offensif. Je trouve que c’est mieux pour amener l’adversaire à répliquer le premier et lui faire dépenser le plus d’énergie. Mon adversaire pourra envoyer le premier coup mais c’est moi qui l’atteindrai en premier.

Merci de m’avoir donné cette opportunité de partager mes connaissances avec d’autres fans du Hokuto. Prend soin de toi Benoit !

Entretien réalisé par Iceman57 (Benoit)
Traduit par Izmoo

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Un Kanzenban est un volume en édition collector. Ces volumes sont généralement plus coûteux et plus fournis, avec des caractéristiques spéciales telles que des couvertures conçues spécifiquement, un papier de plus haute qualité, une couverture de protection spéciale, etc.

Seuls les mangas les plus populaires paraissent sous ce format.

Un tankōbon est le terme japonais pour un recueil de chapitres de manga. En 1955, les éditeurs décident de republier les mangas diffusés par intermittences dans les magazines en un format poche à couverture souple. Il compile plusieurs chapitres d'une même série et les publie sur du papier de haute qualité. Ce sont ces versions qui sont utilisées pour les traductions européennes et américaines.

Weekly Shōnen Jump, fréquemment abrégé en Shōnen Jump, est un magazine de prépublication de mangas hebdomadaire de type shōnen créé par l’éditeur Shūeisha le 2 juillet 1968 et toujours en cours de publication. Il fait partie de la gamme de presse « Jump » de l’éditeur, celle-ci étant destinée à un public masculin de tous âges.