Sōten no Ken / Fist of the Blue Sky

logo_soutenQu’est-ce qui se passerait si Rintaro Nakabo pouvait utiliser le Hokuto Shinken ?

C’est à partir de cette question qu’est née cette histoire.

Ce soir là , Hara prenait un pot dans un bar de Kichijūji en compagnie de responsables éditoriaux qu’il connaissait depuis longtemps. Ils avaient travaillés ensemble pour le magazine BART 3230 où était publiée la série Nakato Rintaro, jusqu’à ce que ce magazine soit supprimé en mars 2000. Depuis, ils ont conservé l’habitude de se réunir une fois par semaine dans un bar pour discuter jusqu’au petit matin des projets de futurs mangas.

Après cette question fortuite d’Hara, la discussion s’est emballée. Petit à petit est né le héros ultime, Kenshirō Kasumi, alliant la force de Kenshirō, la bonne humeur de Keiji Maeda et le mordant de Rintaro Nakabo. On peut aller jusqu’à dire que ce personnage est la compilation de toutes les oeuvres de Tetsuo Hara.

C’est Nobuhiko Horie, le responsable éditorial de Hokuto No Ken qui a suggéré de placer l’action dans le Shanghai des années trente. « Il n’y avait pas de ville qui pullula plus de criminels que le Shanghai de cette époque. Les concessions des puissances étrangères, les clans militaires, la mafia, l’opium… C’était un monde où le mal était présent sous toutes ses formes. Que se passerait-il si l’héritier du Hokuto Shinken se trouvait là-bas ? Rien que d’y penser, on en frémit ! » aurait-il dit en jubilant. Mais pour Hara, « Shanghai, la ville du mal », n’évoquait rien du tout.

En novembre 2000, Horie emmena Hara à Shangai. Il voulait qu’il ait une impression directe de cette ville qui « ne lui évoquait aucune image ». Ce fut un séjour d’à peine quatre jours mais dès qu’ Hara ressentit l’intensité de Shanghai, la profondeur de son histoire et le tourbillon de ses émotions humaines, il eut la nette sensation que c’était « de la bombe ».

Le mois suivant, Hara et Horie sont retournés à Shanghai, y traînant cette fois les assistants. Ils passèrent leurs journées à parcourir la ville et ses environs dans un bus loué spécialement pour eux et firent des centaines de photos. Grâce à un ami chinois, ils purent également visiter des endroits où les touristes ordinaires ne peuvent aller.

Dès son retour au Japon, Hara rendit visite à Buronson, l’auteur de la série originale Hokuto No Ken. Lorsqu’il vit les esquisses de Kenshirō dessinées par Hara, Buronson promit de lui apporter sa coopération en tant que consultant pour la réalisation de la série Fist of the Blue Sky. Ainsi, Hara put-il enfin se lancer concrètement dans l’écriture de son projet.

En mai 2001, le magazine Bunch Comics fut lancé, avec Horie comme rédacteur en chef. Bien entendu ce fut une illustration en couleurs du Sōten No Ken de Hara qui fut choisie pour orner la couverture. La résurrection de la série Hokuto No Ken qui avait passionné tout le monde au Japon lors de sa publication, fit beaucoup de bruit et les vente de Bunch Comics atteignirent des records.

« Cette histoire va se développer à une échelle immense, quelque chose de jamais vu auparavant, un vrai conte de fées pour adultes. C’est la légende d’un homme qui, pour un ami précieux et pour sa bien-aimée, vécut comme le ciel bleu, parfois serein, parfois impétueux. Je veux dessiner la vie d’un homme inoubliable« . Tetsuo Hara s’enflamme.

Il faut savoir que Tetsuo Hara est l’une des très rares personnes à souffrir d’une cornée conique : il ne peut dessiner qu’en fermant un de ces yeux. A cause de cela, il est incapable d’évaluer les distance, et donc les perspectives, et son dessin finit toujours par être distordu. De ce fait, il reprend inlassablement son travail jusqu’à ce qu’il arrive à dessiner le trait parfait. Ses planches originales sont toujours incroyablement noires de crayon.

Bien qu’il souffre d’une maladie particulièrement handicapante pour un mangaka, Tetsuo Hara ne tolère aucune faiblesse dans ses planches. La passion brûlante de cet auteur transparaît dans son oeuvre Sōten No Ken – Fist of the Blue Sky.


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Un gaiden est un mot japonais signifiant "histoire parallèle" ou "conte". Le mot est utilisé fréquemment dans la fiction japonaise pour décrire un spin-off d'une oeuvre existante, ce n'est ni une séquelle, ni une préquelle. Cependant, certains gaiden sont aussi des réécritures d'histoires connues, mais vues depuis un autre personnage, une sorte de flashback.

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