Interview « Hokuto no Ken : All About The Man » (1986)

hara 1985Jump : Tout d’abord, expliquez-nous ce que vous avez voulu dessiner dans Hokuto No Ken ?

Eh bien, je voulais dessiner des hommes qui se battent et qui se battent bien…

Excepté Kenshirō, y a t il d’autres personnages que vous appréciez ?

Shū. Avant de le dessiner je n’avais fait que des belles gueules, il m’a donné la chance de sortir de la routine et à partir de ce moment, j’ai essayé de m’écarter du genre. Du point de vue de l’histoire il était aussi très intéressant.

Quels étaient les personnages faciles/difficiles à dessiner ?

Cela dépend de la situation, mais en général aucun personnage n’est facile à dessiner…

Dans Hokuto No Ken, il y a plusieurs genres d’arts martiaux, vous avez une petit préférence ?

La technique de Rei, Le Nanto Suichō Ken. Artistiquement parlant, elle est magnifique.

Quelle scène vous a laissé la plus forte impression ?

Au niveau du 10ème chapitre (Mort de Shin). C’était le premier tournant de l’histoire… et en général ils restent longtemps dans les esprits.

Avant la publication hebdomadaire de Ken, vous aviez déjà créé un manga appelé Hokuto No Ken et qui est apparu dans Fresh Jump, est-ce que vous pouvez nous en parler ?

Je pensais que j’allais devenir cinglé. Je n’avais pas un seul assistant. J’ai reçu un petit coup de main quand je mettais la touche finale… j’étais content d’avoir de l’aide… mais avant c’était vraiment la misère…

Ensuite Buronson vous a rejoint et vous avez commencé à bosser ensemble… vous pouvez nous en parler ?

L’intérêt de l’histoire à pris un coup de fouet et il a apporté un tas de variété, c’était génial.

Est-ce qu’il vous a donné des directives sur certaines scènes ?

Il ne m’a jamais vraiment donné de directives.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le dessin ?

Peut-être le réalisme. J’essaie d’apporter des sentiments réels dans mes dessins.

Et en ce qui concerne les scènes d’action ?

J’ai fais attention de ne pas les faire trop terribles, il ne fallait pas que les lecteurs aient un sentiment de malaise – un peu de fraîcheur ! J’ai aussi essayé de dessiner des vilains et des personnages qui ressemblent à des monstres. De cette façon, ceux qui meurent ne sont pas vraiment des humains…

A choisir entre les humains et les monstres, lesquels vous ont apporté le plus de fun en les dessinant ?

Les deux. J’en aurai marre de dessiner uniquement des héros et c’est pareil pour les monstres. Les deux m’apportent une sorte d’équilibre.

Y a t il y a des gens ou des travaux qui vous ont influencé ?

Si je peux choisir des réalisateurs je dirais Spielberg et Georges Lucas.

Vous aimez le cinéma ?

Oui, de plus en plus. J’ai toujours voulu dessiner des mangas en 4 couleurs, un peu comme un film mais au niveau de la réalisation, le manga est bien plus facile. C’est vraiment l’idéal.

Quel genre regardez-vous le plus ?

Les blockbusters avec Stallone et Schwarzy.

Vous allez souvent au cinéma ?

Oui, si c’est un bon film, j’y vais sans me préoccuper du genre.

Quels mangas lisez-vous ?

Tanaguchi Jiro et Ikegami Ryoichi, entre autres.

A part Hokuto No Ken, est-ce qu’il y a un truc que vous rêvez de dessiner ?

Oui. une guerre par exemple. Un truc sur le Vietnam. Après ça, un récit historique. Un truc qui n’a jamais été fait à la télé, un truc comme Kurosawa’s ran. J’utiliserai des gars comme Kenshirō dans chaque récit. Je crois que Ken est le genre de gars qui peut faire tout ça…

Donc, tout ces thèmes ont pour point commun le combat entre des hommes ?

Oui.

Il y a une deuxième partie à la série Hokuto No Ken, vous pouvez nous en parler ?

Il y avait tellement de choses que je voulais faire, je ne me tracassais pas trop du fait de m’épuiser à la tâche… Mon corps n’avait pas le temps de récupérer et ma condition physique se reflète dans le manga. Quoi qu’il en soit, tous ce que je ressentais à cette époque se retrouve dans l’histoire…

Dernière question, si vous surviviez à une guerre nucléaire, que feriez-vous ?

Je l’ai déjà dessiné dans le manga. Aucun doute là-dessus.

Et si vous rencontriez Kenshirō ?

Je le suivrais.


Lire aussi

Commentaire(s)

Un gaiden est un mot japonais signifiant "histoire parallèle" ou "conte". Le mot est utilisé fréquemment dans la fiction japonaise pour décrire un spin-off d'une oeuvre existante, ce n'est ni une séquelle, ni une préquelle. Cependant, certains gaiden sont aussi des réécritures d'histoires connues, mais vues depuis un autre personnage, une sorte de flashback.

Un Kanzenban est un volume en édition collector. Ces volumes sont généralement plus coûteux et plus fournis, avec des caractéristiques spéciales telles que des couvertures conçues spécifiquement, un papier de plus haute qualité, une couverture de protection spéciale, etc.

Seuls les mangas les plus populaires paraissent sous ce format.

Un tankōbon est le terme japonais pour un recueil de chapitres de manga. En 1955, les éditeurs décident de republier les mangas diffusés par intermittences dans les magazines en un format poche à couverture souple. Il compile plusieurs chapitres d'une même série et les publie sur du papier de haute qualité. Ce sont ces versions qui sont utilisées pour les traductions européennes et américaines.

Weekly Shōnen Jump, fréquemment abrégé en Shōnen Jump, est un magazine de prépublication de mangas hebdomadaire de type shōnen créé par l’éditeur Shūeisha le 2 juillet 1968 et toujours en cours de publication. Il fait partie de la gamme de presse « Jump » de l’éditeur, celle-ci étant destinée à un public masculin de tous âges.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.