Interview Hokuto Legacy (2013)

Après avoir passé l’après-midi à préparer la logistique d’une exposition culturelle THE ART OF ANIME, j’étais en route pour déposer les œuvres et participer à l’accrochage dans l’espace galerie MANGA SPACE.

L’installation d’une exposition cela prend en général deux bonnes heures, j’avais pris un peu de marge pour être dans les temps pour Tetsuo Hara tout en pouvant travailler sereinement avec la galerie.

Brrrt brrt, un appel d’un correspondant de la sphère manga, « Hara-san vient d’arriver !« . Le créneau que le responsable de l’interview exclusive TV FRANCE JAPON m’avait donné c’était 19h50, pour une interview à 20h15/20h30, et pas une heure plus tôt.

Lui aussi avait été surpris et m’invitait à me dépêcher. Je sautais alors dans un taxi qui déposait des chinois à un hôtel de la Place de Clichy, et arrivait devant la boutique USAGI où avait lieu l’évènement à 19h45.

J’y retrouvais mon correspondant et il me signala que c’était verrouillé par le staff du magasin.

hara_2013-6Pas franchement effarouché par un japonais de 1m70 je tente une percée en serrant des mains et je retrouve le journaliste TV FRANCE JAPON avec sa caméra ainsi que la délicieuse directrice de USAGI que je remercie longuement.

Tetsuo Hara est là, dans mon dos, en train de discuter avec des mannequins pour une collection de vêtements qui était présentée à cette occasion. Il n’a pas les yeux dans sa poche et me rappelle un court instant le style de femmes qu’affectionne Masami Suda sur son profil Facebook, ces deux là étaient vraiment fait pour se rencontrer.

Ayant gratté l’information qu’il est logé au MANDARIN ORIENTAL de la bouche même de l’auteur, rue St Honoré à deux pas de l’Elysée, il ne va évidemment pas dire qu’on l’a mis dans une gargote à côté de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle.

Je lui ai expliqué que Thierry Marx, le chef du Mandarin, était un fan de culture japonaise et d’arts martiaux comme j’avais pu le voir sur un documentaire ARTE, et qu’il pourrait peut être tenté d’en discuter lors de ses déjeuner.

Réponse polie toute japonaise. Il est très cordial malgré le marathon de deux jours qu’il a affronté au parc des expositions.

On me demande si c’est moi le webmaster de Hokuto Legacy, je répond sobrement que je ne suis que son modeste représentant n’ayant pu se déplacer depuis son plat pays.

Mode poisson pilote quand la boutique est vidée, je reste accroché au journaliste et à sa caméra. Une performance de danse pendant laquelle Hara-san aurait dit à son interprète « on se casse« , puis l’interview vidéo exclusive est mise en place à l’extérieur.

J’avoue ne pas avoir trop compris pourquoi, c’est bruyant et il y a au bas mot 50 personnes pour cet événement, dont certains ont déjà longuement abusé du bar. Il semble que c’était pour filmer la boutique dans un but promotionnel.

On me place en régie et là ô surprise, j’aperçois la feuille de question des fans du Hokuto que j’avais envoyé la veille. Tetsuo Hara est en chemisette pour le début de l’interview avec les questions bateau sur la France et son accueil.

hara_2013-3A un moment il demande à son agent son blazer (il demande expressément si cela ne pose pas de problème le blazer pour l’interview) et on retrouve l’image d’Epinal de Tetsuo Hara tel qu’on le connait assit sur le fauteuil cuir de son bureau à la NSP.

L’ambiance est décontractée, le moment de poser une question plus polémique. Le journaliste choisi le doublage, que l’interprète explique avec la tournure comique voir ridicule des scènes dont les dialogues ont été changé.

Coup de théâtre, Tetsuo Hara ne nous fait pas des demi-réponses polies à l’orientale, il répond sur un ton libéré que cela ne lui pose aucun problème car les choix des onomatopées se voulaient comiques et son devenu des classique du langage japonais.

Pour lui rendre l’oeuvre comique, c’est en faire quelque chose de très proche de l’esprit du manga tel qu’il avait été pensé à l’époque. Un fan en régie se marre et me dit sur un ton humoristique « personne ne doit savoir, c’est la fin d’un monde, tout s’écroule« .

Le 6 juillet 2013 à 20h30, Tetsuo Hara vient de cautionner Philippe Ogouz.

Le staff japonais se fait de plus en plus pressant devant moi, nous leur demandons encore deux questions. Ils ne sont pas d’accord mais Tetsuo Hara est d’accord, ils s’inclinent.

Tetsuo Hara termine son explication sur les onomatopées et nous parle des explosions, nous enchaînons donc sur la violence. Mettant l’accent sur le fait que son oeuvre principale a été la victime de lourdes critiques, mais qu’elle est pourtant un classique de la littérature sur les luttes de successions familiales avec des œuvres comme Hamlet de Shakespeare.

Réponse en demi-teinte, son oeuvre a été jugé violente et peut paraître violente mais que concernant son travail de dessinateur tout a été fait avec le plus grand soin et que même une explosion se voulait traitée avec un véritable travail de précision et de qualité esthétique, une violence esthétique.

Comme nous parlons dessin, et voulons embrayer sur la suite de la saga du Hokuto Shinken. Le staff japonais bouillonne.

On y va cash, comment il gère sont kératocone parce qu’une série Ken c’est généralement 8 à 10 ans de travail, il est encore jeune pour un dessinateur, mais c’est une charge importante.

hara_2013-2Il répond du tac au tac, sans aucunement mal le prendre, que les yeux ça va, et que si il fait une suite ce sera simplement quelque chose de plus court en mimant avec ses mains ce que représentent les chapitres de Hokuto No Ken et une suite qui ferait, en voyant ses mains, dans le tiers ou le quart de la taille de Hokuto No Ken.

Il faut conclure, nous amorçons donc le cadeau qui est raccord avec cette dernière question.

Côté cadeau, afin de respecter au mieux l’ensemble des fans, j’ai opté pour du classique mais esthétique : un stylo Faber-Castell roller E-motion noir avec une finition crocodile sur une résine gravée au laser. L’écrin luxe est noir, vernis brillant. J’y ai ajouté une cartouche de rechange. Vraiment un bel objet et avec cette finition croco et la forme ovale de cigare qui sent bon le yakusa et ne devrait pas laisser insensible l’auteur.

J’insiste sur le fait que ce stylo c’est pour continuer de nous dessiner de belles histoires et que dans le paquet, se trouve une petite enveloppe avec mes coordonnées pour l’inviter à déjeuner au Train Bleu, le restaurant ou a été tourné la scène du restaurant dans Nikita de Luc Besson.

Il remercie longuement ses fans pour le cadeau, et dit beaucoup aimer Nikita et Leon.

hara_2013-5Arrive un grand van Mercedes ou s’engouffrent tous les japonais, devant la camionnette une petite queue de fans avec des objets à faire dédicacer. Front-kick de son agent qui leur fait comprendre d’un geste de la main qu’ils peuvent se brosser.

L’interprète leur dit qu’il y a une consigne explicite qu’aucun objet ne doit être signé en dehors de la convention de juillet à Villepintes.

Que faire de plus après ça ? Aller à la pèche aux infos avec des gens proches du milieu de l’animation.

Vino veritas, il y avait à boire et quand il fait chaud et que l’on discute on en apprend des choses. Je n’ai pas vraiment le droit de le dire, mais les leaks c’est aussi fait pour ça, pour leaker : un éditeur français devrait reprendre la licence et potentiellement doubler Ken 2 avec le staff des 20 derniers épisodes de Ken 1.Pour conclure, un restaurant de curry rue Sainte Anne. Invitant mes correspondants, sans qui jamais je n’aurais eu accès à l’auteur, à se ressasser les événements de la soirée et discuter doublage.

Nous aurons la vidéo de l’interview dans quelques semaines. Merci à la boutique USAGI et au journaliste de TV FRANCE JAPON, vous avez été exceptionnels pour les fans.

Post Scriptum : Pourquoi je ne parle pas nominativement du festival de Seine Saint Denis qui regroupe 100.000 visiteurs dans un hangar chaque année ?

Mais parce qu’ils nous ont baladé. Apparemment tous les médias généralistes en dehors des sacro-saintes grosses maisons du secteur on modestement eu droit,… à rien.

Il a fallut ramer pour trouver quelqu’un de grande qualité qui a offert d’intégrer des questions à son interview, bref, parce qu’il existe des fans de l’auteur qui ne nous forcent pas à tapiner pour avoir juste le droit de poser des questions.

Iceman57

Remerciements : TV FRANCE JAPON – Journaliste : David Zavaglia / USAGI Concept Store


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Commentaire(s)

Un gaiden est un mot japonais signifiant "histoire parallèle" ou "conte". Le mot est utilisé fréquemment dans la fiction japonaise pour décrire un spin-off d'une oeuvre existante, ce n'est ni une séquelle, ni une préquelle. Cependant, certains gaiden sont aussi des réécritures d'histoires connues, mais vues depuis un autre personnage, une sorte de flashback.

Un Kanzenban est un volume en édition collector. Ces volumes sont généralement plus coûteux et plus fournis, avec des caractéristiques spéciales telles que des couvertures conçues spécifiquement, un papier de plus haute qualité, une couverture de protection spéciale, etc.

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Un tankōbon est le terme japonais pour un recueil de chapitres de manga. En 1955, les éditeurs décident de republier les mangas diffusés par intermittences dans les magazines en un format poche à couverture souple. Il compile plusieurs chapitres d'une même série et les publie sur du papier de haute qualité. Ce sont ces versions qui sont utilisées pour les traductions européennes et américaines.

Weekly Shōnen Jump, fréquemment abrégé en Shōnen Jump, est un magazine de prépublication de mangas hebdomadaire de type shōnen créé par l’éditeur Shūeisha le 2 juillet 1968 et toujours en cours de publication. Il fait partie de la gamme de presse « Jump » de l’éditeur, celle-ci étant destinée à un public masculin de tous âges.