Interview 30ème anniversaire – Comic Zenon (2013)

Interview en 2 parties réalisé à l’occasion du 3ème anniversaire du Comic Zenon et des 30 ans de Hokuto no Ken.
Publiée dans l’édition de janvier du Comic Zenon (25/11/2013).

Traduit du japonais pour Hokuto Destiny / traduit de l’anglais par Lhaz.

 garuzo5Garuzo : Hara sensei, cela faisait longtemps.

Content de vous revoir.

Félicitations pour le 30ème anniversaire de Hokuto no Ken. Non, disons plutôt joyeux 30ème anniversaire.

J’avais 9 ans quand j’ai découvert le Hokuto, maintenant j’en ai 39. On peut dire que Hokuto no Ken a accompagné 75% de ma vie.

Wow, dis comme ça, ça parait incroyable.

Oui, et vous, comment le sentez-vous ce 30ème anniversaire ?

Quand on entends 30 ça semble long mais en fait ça m’a semblé passer très vite. Quoique… si j’ai créé cette compagnie, Core Comics, c’est parce que j’avais l’impression que sans ça « le Hokuto était destiné à disparaître ».

Core Comics Inc. a été créé le 14 juin 2000. Cette société a été créée par Horie Nobuhiko, Hara Tetsuo, Hojo Tsukasa et Tsugihara Ryuji. En mai de l’année suivante sortira le mensuel « Weekly Comic Bunch », puis en 2004 verra naître la compagnie affiliée « North Star Pictures Inc. » (à l’occasion du Shin Kyūseishu Densetsu). En octobre 2010, le Weekly Comic Bunch sera remplacé par Comic Zenon.

Quoi?! Le Hokuto ne peut pas disparaître.

Non, je pense pareil. C’est pour ça que nous avons créé cette société, afin de « protéger » le Hokuto.

Vous semblez sûr de vous.

Il faut savoir que quand j’ai commencé à dessiner HNK je voulais que ce manga dure 100 ans.

100 ans. Ça donne la chair de poule de vous entendre dire ça.

Ça nous laisse encore 70 ans, y a encore beaucoup de boulot (rires)

Certainement. Nous ne serons plus là mais nous espérons tous que le Hokuto existera encore.

C’est réellement ma meilleure oeuvre.

Dans ce cas est-ce que votre rencontre avec Buronson a été un moment décisif ? On sait que Buronson n’était pas le premier candidat sur la liste des scénaristes mais au final votre collaboration s’est révélée spectaculaire.

Oui, je pense qu’elle a été immense.

Ça peut paraître exagéré de dire ça mais je pense que le fait que Buronson décroche le poste après plusieurs retournements de situation fasse partie de la « destinée » du Hokuto. Après tout, Kenshirō doit lui aussi faire face à beaucoup d’embûches avant de devenir le plus puissant des successeurs.

Tu veux dire que le fait qu’on se soit rencontrés fasse partie du destin du Hokuto ? Hahaha c’est une façon marrante de voir les choses.

Je le pense sincèrement. Je pense que le Ciel avait prévu tout ça.

C’est vrai que Buronson est très bon lorsqu’il s’agit de décrire des scènes qui font pleurer.

garuzo

Sans parler de tout ce qu’il met dans son travail. Il a vraiment écrit des dialogues marquants. Son apport fut crucial à l’oeuvre.

Quand les personnages meurent, leurs dernières paroles sont mémorables.

A ce sujet, j’ai apporté avec moi l’original du premier tome de Hokuto no Ken que vous avez dessiné.

Oh j’y crois pas… ça rappelle tant de souvenirs.

Maintenant que vous êtes cinquantenaire, quel regard avez-vous sur ce que vous dessiniez à vingt ans ?

Hum. En fait je trouve que je n’étais pas très bon en dessin…

Pas bon en dessin ? (rires) Sensei, VOUS êtes Tetsuo Hara. Si vous, vous dites ça alors 90% des mangakas actuels peuvent arrêter tout de suite.

Non c’est vrai, mais quand je dessine je le fais de toutes mes forces donc quand je vois ça je trouve pas que c’est mauvais. Non, ça représente quelque chose.

Content de vous l’entendre dire.

Par exemple vous voyez là ? J’ai sculpté le papier Kent en cette scène.

Le papier Kent est un papier utilisé pour le dessin de manga. Ce papier est plus épais et évite que l’encre ne coule. Sa principale qualité est qu’il résiste très bien au traitement de l’encrage par dessus le dessin.

Hu ? Que voulez-vous dire par sculpter ?

Littéralement, j’ai sculpté le papier. J’avais peur de le trouer. Je n’aurai plus l’énergie pour faire ça aujourd’hui mais à l’époque j’ai pensé que je faisais quelque chose d’innovant.

Waaw. Moi qui pensais que l’encrage était un processus fin et délicat. Je n’aurai jamais pensé que vous puissiez utiliser une technique apportant une dimension au papier.

C’est une technique qui apporte de la vie, de l’émotion et de la texture. A l’époque j’avais parié beaucoup sur Hokuto no Ken pour faire mon come back. J’avais l’impression de jouer ma dernière carte.

Je n’étais pas sérieux à 100% sur mon travail précédent (Tetsu no Don Quixote). Je ne me suis pas donné suffisamment, sachant que c’était un manga hebdomadaire. J’avais tendance à la jouer facile à l’approche des deadlines. C’est pour cette raison que ça n’a pas marché et c’est un de mes plus grand regret.

Je savais que Hokuto no Ken était ma dernière chance alors j’ai tout donné.

C’est donc dans ces conditions que Hokuto no Ken a démarré… Prenons cette scène par exemple où Zeed est furieux et où vous utilisez « Uuuuuu » comme onomatopée. Je pense que vous ne l’utilisez qu’une seule fois mais ça m’a toujours marqué.

Oh, ça c’est l’influence de Katsuhiro Ōtomo.

Ah je vois, vous recherchiez un nouveau style d’onomatopée ?

Quand j’ai découvert Akira j’ai été beaucoup inspiré, en particulier par les décors. Puis aussi par les véhicules et les vues aériennes, où beaucoup de personnages étaient dessinés.

Je me souviens vous l’avoir déjà entendu dire.

J’étais désespéré alors j’ai intégré tout ce que je pouvais. Donner 100% n’était pas suffisant, il fallait que je donne 120%.

garuzo6 garuzo8

Hokuto no Ken a été inspiré par tellement de choses.

Le monde est celui de Mad Max et Blade Runner. Le style de dessin a été en majeure partie influencé par Katsuhiro Ōtomo, Frank Frazetta, Neal Adams et Syd Mead.

Kenshirō est lui aussi la somme de plusieurs personnages.

Oui, je l’ai souvent répété mais j’ai mélangé Bruce Lee, Yusaku Matsuda, Mel Gibson et Sylvester Stallone.

J’ai surtout l’impression de voir Mad Max 2 quand je pense à l’univers de Hokuto no Ken.

Pas seulement, il y a aussi The Thing et Incredible Hulk.

C’est la première fois que j’entend parler de ces références… Je suppose que c’est en rapport à l’aspect graphique grotesque pour « The Thing » et à l’atmosphère pour « Incredible Hulk »…

Horie-san m’avait demandé de regarder Mad Max 2 et Blade Runner. C’est à ce moment que j’ai eu une vision du monde de Hokuto no Ken. Ensuite il m’a envoyé dans une exposition de Syd Mead. Toutes ces influences sont venues grâce à lui.

Il avait senti potentiel en vous et a voulu que vous assimiliez ce qui allait devenir la base pour Hokuto no Ken.

La première version de Hokuto no Ken était une histoire contemporaine mais la série actuelle se déroulant dans un monde post-apocalyptique, Mad Max 2 est alors devenu une évidence.

Au fait, je ne sais pas si je peux en parler mais étant donné que j’ai justement l’original du premier tome sous la main…

Hu ? Un problème ?

garuzo3Dans la dernière scène, celle où Kenshirō marche à travers le désert…

Oui, celle où on voit Bat le rattraper en courant ?

Kenshirō n’a plus ses cicatrices sur le torse…

C’est impossible… (regarde le dessin original)… QUOI ?!

Si si.

Waaaa je ne l’avais pas remarqué. Quoi ? là aussi j’ai oublié !

Oui, je n’avais pas assez de courage pour parler de celui-là.

La poisse. C’est pas bon. Hé, mais ce sont les originaux, je vais les corriger tout de suite (rires)

Hahaha ce serait pas rien, le Hara Sensei d’aujourd’hui qui complète un dessin qu’il a fait post-ado.

Garuzo, pourquoi tu ne m’en a pas parlé avant qu’on fasse l’ Extreme Edition ?

Je suppose que j’aurai pu, mais je ne voulais pas chambouler le timing de l’interview ou le calendrier de sortie de l’édition…

Personne ne me l’avait jamais fait remarquer jusqu’ici.

Je pense qu’ils n’ont tout simplement pas osé. C’est un peu comme déterrer le passé.

Mais Garuzo, toi tu me l’as dit.

C’est « à cause de l’amour » (note : cette phrase est utilisée comme une citation de Souther, pour faire un trait d’humour). Oh, désolé. J’ai essayé d’être cool mais en fait ça m’a demandé beaucoup de courage.

Ok, merci à toi, on devra corriger ça si un jour on sort une nouvelle édition.

Oh vraiment ? ça voudrait dire que cette conversation était importante, mine de rien.

On va arranger ça.

Sensei, j’aimerai maintenant aborder un sujet qui me perturbe depuis longtemps.

Perturbe ? Je t’écoute.

En fait j’ai surtout besoin d’une confirmation : la veste de Kenshirō est bien en cuir non ?

Oui pourquoi ?

C’est juste parce que j’ai entendu des gens affirmer qu’elle serait en jeans.

Je pense que ça vient de l’influence de l’anime où sa veste est de couleur bleue.

Je suis content d’avoir un démenti officiel sur ce sujet !

C’est supposé être en cuir. Les gens qui ont grandi avec l’anime se trompent. Dans mon esprit ça a toujours été clair, je l’ai dessiné pour que ça soit du cuir.

Je sais, je voulais juste profiter de l’occasion pour mettre fin à ce vieux débat.

Je comprends. Je trouvais que c’était une question étrange venant de toi mais maintenant je comprends (rires).

Une autre question que je me pose…

Quoi ça ? encore un dessin de Kenshirō sans cicatrices ? une autre erreur ?

Non, le masque de Jagi. Est-ce qu’il a un rapport avec Sukeban Deka 2 ?

Sukeban Deka 2 est une série de 42 épisodes diffusée du 7 novembre 1985 au 23 octobre 1986 sur Fuji TV, avec Yoko Minamino dans le rôle de Yoko Godai, mystérieuse adolescente au visage dissimulé malgré elle depuis l’enfance par un masque de fer. Cette suite fut un succès énorme au Japon.

Sukeban Deka ? Non.

Merci beaucoup !

Merci beaucoup… ?

sukebandekaLe masque de fer dans Sukeban Deka ressemble fort à celui de Jagi. Certaines personnes pensent que vous l’avez simplement copié. J’ai fait des recherches sur internet et j’en suis arrivé à la conclusion que c’est Jagi qui porte ce masque pour la première fois, mais ça n’empêche pas que la polémique existe toujours.

Ahaha non j’y ai pensé en premier. Pour info je me suis inspiré de Star Wars.

Ah ! C’est vrai qu’il y a beaucoup de personnages masqués dans cette saga. Intéressant.

Au départ je m’inspirais directement de Mad Max 2, puis j’ai commencé à faire mes propres designs pour créer le monde du Hokuto.

Pour personnaliser votre oeuvre.

Tout à fait. Et comme mon dessin s’améliorait je voulais prouver que je pouvais dessiner des visages connus avec une forte ressemblance.

Comme Falco qui ressemble à Drago de Rocky IV ?

Oui exactement. Tout comme les lunettes de soleil de Kenshirō qui sont celle de …

Cobra ! Stallone dans le rôle de Marion Cobretti !

Dans ce film d’action sorti en 1986, Stallone porte les fameuses Ray-Ban RB 3030 Outdoorsman Aviator de couleur noire. Hara Sensei les adaptera légèrement avant de les poser sur le nez de Kenshirō au moment où il se rend sur les terres démoniaques de Shura.

Oui, Cobra. Wow, tu te souviens même du nom complet (rires)

A cette époque Stallone était mon héros préféré.

Et donc au départ je voulais qu’on remarque les ressemblances mais en les adaptant, de sorte que ça reste des dessins originaux.

Sensei, je vous assure qu’il n’y a pas de quoi rougir.

Mais au final ce n’était pas de la triche, ça restait un dessin de Tetsuo Hara. A l’époque je voulais garder cet esprit bon enfant mais je ne pense pas que ce genre de pratique passerait encore de nos jours.

Bon enfant ! ça tombe bien je voulais justement parler des fameux Danzetsuma, ces onomatopées rigolotes qui sortent de la bouche des punks à l’agonie : « Abeshi », « Hidebu » et le plus élaboré de tous, celui que crie l’homme de main de Jagi lorsque Ken lui plante la scie dans le crâne : « PabbibuppeppoOo » !

Oui oui, bon… normalement avec une scie dans la tête il devrait être mort mais j’ai imaginé que son cerveau était toujours en vie.

Un peu comme Aji no Ikezukuri (poisson servi vivant) ?

Oui ! je voulais mettre un son sur cette image et j’étais pressé par la deadline. J’ai alors imaginé ce son qui illustre parfaitement le mouvement de la scie.

sawLe cerveau pense « Hein ? » au moment où la scie fait…

Pa, Bi, Bu, Pe… PO!!!!! (rires)

Même si ça reste marrant j’essaie toujours de capturer la réalité au maximum. Par exemple, personne ne crie Atsui ! (chaud !) en touchant du fer chauffé à blanc n’est-ce pas ? Ça ressemblerait plutôt à quelque chose comme « Hachi ! », le mot serait mal prononcé au point de ne plus avoir de sens.

Je vois.

C’est ce que j’essaie de retranscrire. Le cri de Amiba quand il meurt : « Uwaraba ! », vient de « Uwa~~~ » lorsqu’il tombe et se termine par « RABA!! ». Personne ne meurt en criant « Raba ! »

Les dernières phrases dans Hokuto no Ken ne peuvent être comprises que si on regarde le dialogue qui précède. Hidebu n’existe pas non plus.

Ça vient de « Ite ! » (aïe) qui deviendrait « Hide ! » pour se terminer par « Bu ! » (un genre de « splash ! »). Pendant des années une rumeur a couru, disant que ce serait un problème d’impression mais c’est faux, c’était intentionnel.

Le débat a duré une dizaine d’années, afin de savoir si c’était une erreur de l’éditeur qui aurait mal interprété votre écriture ou si c’était intentionnel.

Ce n’est pas non plus anodin, il faut bien avouer que j’ai ajouté cela pour « alléger » un peu l’atmosphère. Ça reste une oeuvre destinée à de jeunes garçons, on m’a souvent dit que l’humour l’emportait sur la sauvagerie de certaines scènes.

Dans un sens ça a sauvé l’oeuvre, mais au final c’est devenu sa marque de fabrique.

Ah ces fameux cris… Il parait que les filles qui ne connaissent pas Hokuto no Ken en parlent comme « du truc où les gens meurent en criant Hidebu ».

Y a-t-il eu des passages difficiles durant la réalisation du manga ? Des choses qui vous ont posés problème ?

Il y a eu beaucoup de difficultés en 5 ans mais ce qui m’a donné le plus de soucis c’est… Yuria.

Vous voulez dire le fait qu’elle soit toujours en vie ? ça nous a tous surpris.

Ça m’a surpris aussi, j’étais genre « Hein ? Sérieusement ?! »

Dans quelle circonstances avez-vous accepté cette idée ?

L’idée était de laisser passer une année pour mieux accepter ce retournement de situation.

Je vois. Vous saviez donc dans quel sens l’histoire allait devoir nous mener.

Moi tout ce qui me tracassait à l’époque c’était la règle de Jump Comic, à avoir que si une oeuvre baissait en popularité il fallait la terminer en 10 semaines. J’avais déjà dû y faire face auparavant.

Mais Sensei, du point du vue du lecteur, Hokuto no Ken était déjà devenu quelque chose d’énorme. Je ne pensais pas que quelqu’un puisse remettre ça en cause.

Ce n’était pas si simple. Pour eux il était hors de question de créer une exception à la règle. Il ne fallait pas parier sur ce qui se passerait dans une année ou deux mais uniquement tenir compte de la popularité des dix prochaines semaines.

Je m’excuse, vous avez raison. Alors comment Yuria est-elle devenue le dernier Général Nanto ?

Quand cette idée est arrivée sur la table on a décidé de créer d’abord le personnage du dernier Général.

Je vois, ça vous permet de garder le mystère de l’identité jusqu’à la fin.

Oui, ça demande pas mal de préparation pour convaincre le lecteur. On a donc introduit le Nanto Goshasei, ensuite son lien avec Yuria.

garuzo7Je ne pensais pas que Hyūi et Shuren allaient mourir aussi vite. Pourtant on ne peut pas dire que vous les avez bâclés. Hyūi et Jūza sont dessinés avec la même passion. C’est comme ça que vous travaillez, pas vrai ?

Oui, je ne fais pas de favoritisme quand je dessine des personnages. J’ai dessiné Hyūi et Shuren comme si c’était des personnages principaux.

Mais le moment où on découvre que le dernier Général est une femme et que ce n’est autre que Yuria nous a tous laissé sans voix. Tout le monde s’attendait à une sorte de boss final.

Je l’ai dessiné avec beaucoup de précautions pour ne pas vendre la mèche.

Au moment de la révélation je me suis senti obligé de relire les anciens tomes.

Les relire ?

nanto_generalPar exemple il y a une scène dans laquelle le dernier Général parle à ses soldats. Mais personne ne semble se dire « Tiens, mais c’est une voix de femme, non ? ». J’ai relu en cherchant ce genre de trucs.

Wow, c’est un détail très intéressant.

De nos jours ça serait déjà sur internet, quelqu’un aurait déjà tweeté « le dernier général c’est Yuria, vous passez à autre chose maintenant ».

Ahaha, ce qui est bien dans le manga c’est qu’il n’y a pas de son.

Oui. Quand le dernier Général dit  » Kenshirō… » tout le monde lit ça dans sa tête avec une voix de « boss ultime ». Mais quand on les relit, les dialogues fonctionnent aussi bien avec une voix de femme. Vous avez aussi intentionnellement dessiné un Général Nanto de petite taille, mais personne n’y a prêté attention, pensant que c’était un homme.

La plupart des lecteurs pensaient que le dernier Général était un homme mais si on prend le temps d’observer certaines planches, on se rend compte qu’il est bien plut petit qu’un homme mais de la même taille que . Plusieurs indices ont été laissés afin de mettre les lecteurs sur la piste.

Dans un sens moi aussi j’ai dissimulé son identité tout comme le Goshasei (rires).

Buronson m’a avoué aussi que c’était un pari risqué, mais au final ça se marie parfaitement à l’histoire. Avoir Jūza et Fudō donne encore plus d’importance au combat final contre Raoh.

Oui, c’est là que je veux en venir quand je parle de rendre ça « plausible ». Durant cette année « charnière » j’ai pu mettre au point la structure en créant des personnages intéressants et j’en suis très satisfait.

Si vous aviez rejeté l’idée du retour de Yuria nous aurions perdu des personnages populaires comme Jūza et Fudō, et de ce fait le fils de Jūza dans le nouveau chapitre.

Merci de le voir comme ça, c’était vraiment un énorme challenge.

Cela signifie aussi que sans Yuria la fin de Raoh aurait été différente ?

L’histoire aurait été différente, mais sa mort, sa pose, aurait été pareille.

Vraiment ?!

Un des travaux de Frank Frazetta représente un homme qui tend son bras vers le ciel.

Oui.

C’était mon interprétation de cette oeuvre. J’ai toujours voulu faire quelque chose de similaire.

Wow, je ne savais pas que cette scène finale avait une histoire. Incroyable.

Frazetta avait dessiné le bras perpendiculaire, moi je l’ai incliné un peu.

frazetta raoh_death

Je ne le savais pas !

J’avais décidé de reprendre cette image pour dessiner la mort de Raoh.

Donc en recevant le script vous vous êtes dit : « C’est là que je vais l’utiliser ».

Non pour la mort de Raoh c’était déjà prévu. Ensuite nous avons ajouté ce dont nous avons parlé tout à l’heure.

Le fait Yuria était toujours en vie ?

Oui, mais j’avais déjà réfléchi à cette dernière scène, ça n’a rien changé. Le retour de Yuria a juste reporté tout d’une année mais au moment de la dessiner je ne l’ai pas changé.

Intéressant !

Même si l’histoire ne s’est pas terminée là dessus et que la semaine suivante j’étais de retour au dessin (rires).

Ahaha je vois, mais c’était quelque chose auquel vous vous étiez préparé, cette fameuse scène lors du combat final contre Raoh.

Tout à fait.

Je ne connaissais pas cette histoire derrière la mort de Raoh, merci de nous avoir fait partager vos influences, vos inspirations que vous avez transcendés pour dessiner cette incroyable dernière scène.

Je me suis dit qu’il n’y avait pas de meilleur moment possible. Ça devait être la mort de Raoh.

Le fait de savoir que vous nous avez offert ce qui vous tenait le plus à cœur, après l’avoir étudié pour le rendre dans votre propre style, cela me fait aimer encore plus Hokuto no Ken. Ne le prenez pas mal mais cela me rappelle l’évolution de Kenshirō dans la série.

Je vois où tu veux en venir. J’ai laissé parler mes émotions tout comme Kenshirō lors de son affrontement final face à Raoh. Se battre au nom de l’amour et dans mon cas, dessiner au nom de l’amour.

Sensei, merci beaucoup.

Merci à toi.


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Commentaire(s)

Un gaiden est un mot japonais signifiant "histoire parallèle" ou "conte". Le mot est utilisé fréquemment dans la fiction japonaise pour décrire un spin-off d'une oeuvre existante, ce n'est ni une séquelle, ni une préquelle. Cependant, certains gaiden sont aussi des réécritures d'histoires connues, mais vues depuis un autre personnage, une sorte de flashback.

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Weekly Shōnen Jump, fréquemment abrégé en Shōnen Jump, est un magazine de prépublication de mangas hebdomadaire de type shōnen créé par l’éditeur Shūeisha le 2 juillet 1968 et toujours en cours de publication. Il fait partie de la gamme de presse « Jump » de l’éditeur, celle-ci étant destinée à un public masculin de tous âges.